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KAMI HITOE
July 28, 2007, 10:34 am
Filed under: KAMI HITOE

30 juin 2007 / Kami Hitoé / Performance

Yumi Fujitani

Kami Hitoé

Côte à côte sur un fil
entre les deux
une feuille de papier
très fine

Manipulation d’ombres et d’images : Carole Arcega, Sabrina Montiel-Soto, Fabrice Croizé
Danse et chorégraphie : Yumi Fujitani
Musique et composition : Anthony Carcone

Coproduction 2007 : Label Ombres & Calvacréation

Kami Hitoé, une performance en trois chapitres – naissance, vie, mort – orchestrée par cinq artistes aux parcours atypiques, tous impliqués dans une recherche singulière, et curieux d’expérimentations. Cinéma, théâtre, musique, danse, installation… une rencontre innovante entre les arts plastiques et le spectacle vivant.

Ce spectacle nous plonge dans l’univers d’une poésie étrange, hanté d’ombres dont les mouvements viennent jouer avec la silhouette d’une danseuse en transe. L’esthétique noir et blanc des jeux d’ombres et de lumières nous renvoie aux origines du cinéma, jusqu’à la magie de ses lanternes. Le film est en train de se faire, sous les yeux du spectateur. La musique, obsédante, suspend le temps. Une mise en tension du corps et de l’imaginaire, raconte une histoire à chacun.

 

 

I / La naissance / Ombres projetées :

« Au fur et à mesure que la perception se crée, son souvenir se profile à ses côtés, comme l’ombre à côté du corps »
Bergson, L’énergie spirituelle.

Parmi les spectateurs, trois manipulateurs d’images oeuvrent dans l’ombre, la découpe, la dissèque, la projette, tire des ficelles.
Un autre, musicien, tire sur sa corde avec du fil de laine.
Entre ces lignes, sur scène, un corps s’étire et danse au fil du temps.

 

II / La vie / Ethno Vidéo :

« La ville est une écriture, celui qui se déplace dans la ville, c’est-à-dire l’usager de la ville (ce que nous sommes tous), est une sorte de lecteur qui, selon ses obligations et ses déplacements, prélève des fragments de l’énoncé pour les actualiser en secret. »
Roland Barthes,
Sémiologie et Urbanisme.

Au centre, des images de la réalité construite, architectures et lignes de perspectives, dessinent un décor au corps qui danse, un univers atemporel où la ville rattrape les ombres.
À droite, une dentellière d’un autre temps tisse inlassablement.
À gauche une vielle femme tricote et détricote un fil de laine à l’infini.
Mouvements cycliques, ritournelle, réminiscence d’une chorégraphie intime, le geste est habité de mémoires.

 

III/ La mort / Énergie spirituelle

« Les choses sont le prolongement de mon corps et mon corps est le prolongement du monde »
Merleau Ponty Le Visible et l’invisible

Kami Hitoé c’est la fine feuille de papier qui sépare la vie de la mort, la folie du génie, l’endroit où tout peut basculer, le lieu du vacillement.
C’est la faille, la rupture jusqu’à la crise paroxystique, la dynamique jusqu’à la folie.
le temps féroce fissure les êtres, brise les rêves et laisse une réalité rugueuse, extrême, cassée.
On est ailleurs et tout recommence en spirale.

La mort comme une ombre portée vers l’infini, où le silence s’intensifie, la respiration de l’homme s’ouvre au cosmos.

 

Épigramme :

Un bras se lève.
Ce que je veux comprendre ?
La mort d’un million de fourmis.
Je veux comprendre la mort à Hiroshima,
La mort accidentelle de cette femme (c’était la semaine dernière).

Ce que je veux comprendre ?
La mort de mon enfant.
Je veux comprendre la mort de ma mère et la mort de mon père et…

je veux comprendre l’amour.
Je lève mon bras… Voici ma danse.
Rien que ça ?
Oui… rien que ça.

Yumi Fujitani

 

Photographies : Sylvia Fredriksson

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